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Apprentie de commerce en train de feuilleter un classeur© KeystoneDans une très large majorité, les employés de commerce veulent continuer à se former après l'obtention de leur diplôme.

Suivre un apprentissage de commerce est un bon sésame pour trouver un emploi

Quatre mois après leur diplôme, deux apprentis sur trois ont un travail et un sur cinq poursuit une formation

L'apprentissage commercial de base est une bonne formation pour trouver un job. Quatre mois après l’obtention de leur diplôme, deux tiers des jeunes qui ont suivi un apprentissage d’employé de commerce ont décroché un travail. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée en 2016 par la Société suisse des employés de commerce (SEC Suisse) auprès de 3700 jeunes issus de toutes les régions du pays.

Les jeunes ont effectué leur apprentissage de manière duale (en entreprise) ou à plein temps dans une école de commerce. Lorsqu’ils ont décroché leur diplôme, en juillet 2016, 52% d’entre eux avaient déjà un contrat avec un employeur. La proportion monte à quasi 60% si l’on ne considère que les apprentis qui ont suivi leur formation dans la filière duale.

Quatre mois plus tard, en novembre 2016, la proportion des jeunes ayant une place de travail a grimpé à 65%. Si l’on prend en compte uniquement les jeunes issus de la formation duale, le taux atteint 70%. A noter que les trois quarts d’entre eux restent dans leur entreprise formatrice.

La forte proportion de jeunes ayant trouvé un emploi très tôt après leur diplôme s’explique en premier lieu par la perception qu’ils ont de leur propre formation. Neuf apprentis sur dix se sentent bien préparés par leur formation pour décrocher un premier emploi.

Formation recherchée

Les jeunes qui n’ont pas un emploi à l’issue de leur cursus continuent à se former. Cela touche un quart des diplômés, une proportion en hausse par rapport aux études précédentes. C’est l’autre élément important de l’étude. «Pour une grande partie d’entre eux, ils font une année d’étude supplémentaire pour décrocher une maturité professionnelle, explique Michael Kraft, responsable politique et conseil de jeunesse auprès de la SEC et auteur de l’étude. D’autre part, de nombreux diplômés effectuent un séjour linguistique de longue durée. Certains font aussi leur service militaire.»

La proportion des jeunes qui font une autre formation ou un séjour linguistique est plus forte en Suisse romande et en Suisse italienne qu’en Suisse alémanique. «Dans la partie latine du pays, un diplômé sur trois fait autre chose après son certificat, indique Michael Kraft. Cela s’explique par le fait que la proportion de jeunes qui font leur apprentissage commercial à plein temps en école y est trois fois plus élevée que dans la partie germanophone. Or les jeunes qui suivent une école sont davantage susceptibles de poursuivre des études car c’est leur environnement quotidien habituel.»

Le grand nombre de jeunes qui poursuivent leur formation ne semble pas dû à une difficulté de trouver un emploi. «La formation n’est pas vue comme un plan B», assure Michael Kraft. Secrétaire général de la Société des employés de commerce, section de Lausanne, Albin de Miéville confirme: «Nous constatons que les employés de commerce viennent de plus en plus jeunes pour faire une formation continue ou un brevet fédéral.»

Les jeunes fraîchement diplômés sont conscients de l’importance de la formation continue durant leur carrière. «Notre étude montre que neuf jeunes sur dix ont commencé une formation continue dès leur diplôme ou prévoient d’en faire une, ajoute Albin de Miéville. Avec la numérisation, les employés de commerce doivent apporter une plus-value dans d’autres domaines que les tâches techniques, qui seront de plus en plus automatisées.»

Les 10% de jeunes sans emploi et qui ne font pas une autre formation effectuent pour moitié un stage en entreprise (4,4% des jeunes) ou sont à la recherche d’un emploi (6,7%). A noter que 3,7% des jeunes issus de la filière duale pointent au chômage quatre mois après l’obtention de leur diplôme.

Concernant les stages, ils ne sont pas du goût de la SEC s’ils se déroulent dans l’entreprise formatrice ou dans la même branche. «Le caractère formateur du stage est douteux dans pareil cas», relève Michael Kraft.

Salaire des apprentis sous la loupe

Le salaire des apprentis est en moyenne plus bas que les recommandations de la Société des employés de commerce (SEC Suisse). C’est surtout le cas pour la dernière année d’apprentissage. «Les salaires recommandés pour la première année d’apprentissage, qui se monte à 770 francs, et pour la deuxième année, à 980 francs, sont globalement respectés, indique Michael Kraft, responsable politique et conseil de jeunesse auprès de la SEC et auteur de l’étude. Mais c’est surtout la dernière année qui pose problème. Le salaire recommandé passe à 1480 francs. Dans les faits, nous constatons que le salaire effectivement versé aux apprentis est en moyenne plus bas de 150 francs. Dans les faits, nombre d’entreprises ne se rendent pas compte de l’apport supplémentaire de leurs apprentis en 3e année.» Les vacances sont un autre sujet d’inquiétude. Les jeunes de moins de 20 ans ont droit à 5 semaines de vacances annuelles. «Si cette règle est globalement respectée pour les jeunes qui font un apprentissage dual, c’est moins vrai pour les jeunes qui sont en emploi, reconnaît Michael Kraft. Dans ce cas, les 5 semaines de vacances n’ont pas été respectées dans 16% des cas. Pour une part, les entreprises ignorent ce point de la loi. Pour une autre part, les jeunes ne demandent pas plus de vacances par crainte de la réaction de l’employeur.» Enfin, 7% des apprentis n’ont pas récupéré en temps ou en argent des heures supplémentaires effectuées durant leur formation.

Laurent Buschini