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Réunion cadre avec ses collaborateurs© GETTY IMAGESDiriger une équipe de collaborateurs est le plus grand défi du cadre.

Quelques réflexions pour aider les cadres dans la conduite de leur équipe

Le cadre doit motiver ses troupes, les former et préparer la relève, entre autres

A la tête de la section romande de l’Association suisse des cadres (ASC) depuis seize ans, Bernard Briguet est bien placé pour poser un regard sur cette fonction complexe. Il en a même fait une brochure*. «Je ne prétends pas détenir la vérité, s’empresse de dire le Valaisan. Je veux inciter et stimuler la réflexion.»

Le directeur de l’ASC a poussé la subversion jusqu’à s’arrêter à 69 réflexions. Des idées pratiques, exprimées en une phrase courte. Beaucoup ont trait à la plus grande difficulté que rencontre le cadre dans son travail: la conduite d’équipe. «Les cadres sont tout d’abord de bons spécialistes qui ont reçu une formation poussée dans un domaine spécifique, indique Bernard Briguet. Mais lorsqu’ils accèdent à un poste au sein de la hiérarchie, ils se retrouvent à la tête d’un groupe. La plupart n’ont aucune expérience de cette fonction, qu’ils auraient pu acquérir en tant qu’officier à l’armée ou dans la vie associative, par exemple. Beaucoup d’entre eux manquent de leadership naturel. Mais les techniques de conduite peuvent s’apprendre.» Voici quelques réflexions mises en exergue.

Éveillez la passion auprès de vos employés et formez-les

C’est au dirigeant d’entreprise ou au cadre qu’il revient de motiver son équipe, de donner de la passion, de cimenter les valeurs des employés avec celles de l’entreprise. La motivation des collaborateurs est capitale pour cette dernière «Elle détermine la qualité du travail des employés, la tenue des délais de livraison, affirme Bernard Briguet. Une mauvaise conduite fait monter le taux d’absentéisme. Le cadre doit comprendre le fonctionnement de chacun de ses collaborateurs. Les jeunes, par exemple, n’ont pas les mêmes attentes au niveau de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Il faut le comprendre pour motiver chacun.»

L’évaluation est un autre grand champ d’action du cadre. Il doit analyser les forces et les faiblesses de son équipe et mettre en place des outils de formation. «Dans l’idéal, chaque employé devrait consacrer entre cinq et dix jours par année pour la formation continue, estime Bernard Briguet. Le chef de l’équipe doit motiver et inciter ses employés à se former. Pour le bien de l’entreprise mais aussi pour garantir l’avenir professionnel de chaque collaborateur.»

Placez les bonnes personnes à la bonne place

Le cadre doit savoir s’entourer et former son équipe en fonction des compétences de ses membres. «Il doit savoir mettre en valeur ses collaborateurs, conserver son équipe et éviter une rotation trop grande des employés, confirme Bernard Briguet. Le collaborateur doit être fier de travailler dans son entreprise.»

Négociez les objectifs, tenez compte des propositions et idées de vos collaborateurs

L’entreprise est un cerveau collectif, est convaincu le directeur romand de l’ASC. «Le cadre ne doit pas se considérer comme le chef omniscient. Il ne doit pas voir ses collaborateurs comme des exécutants. Il est préférable de chercher leur participation active, même si, à la fin, le chef doit décider.»

Activez votre cellule de crise suffisamment tôt

«Je ne suis pas sûr qu’on a le temps de réfléchir correctement dans un état d’urgence, admet le directeur romand de l’ASC. Il faut penser aux moments de crise par beau temps. Pour anticiper, le cadre doit prendre de la hauteur pour avoir une meilleure vision d’ensemble.»

Effectuez un bilan de compétences à mi-carrière et ensuite encore si nécessaire

Le cadre doit faire un état des lieux, se questionner sur son travail et sa motivation à le poursuivre. «Il doit le faire au bon moment, de manière réfléchie, conseille Bernard Briguet. Il doit se demander: «Est-ce que je me vois encore dix ans à ce poste?» Il ne doit pas partir sur un coup de tête et surtout ne pas fuir une situation. Il doit être conscient des conséquences d’un départ.»

Partager vos connaissances et préparez la relève

Bernard Briguet voit pointer un grand danger: la succession des patrons de petites et moyennes entreprises. «Les entrepreneurs issus des années du baby-boom vont prendre leur retraite. De plus, certains sont moins motivés par l’innovation. Ils ne veulent parfois pas continuer à diriger leur société par peur du changement technologique. Cela va entraîner de nombreuses passations de témoin à la tête des PME. Si cela se passe mal, des entreprises pourraient fermer et des milliers d’emplois seraient perdus. Or accepter que l’on va arrêter de diriger son entreprise est un processus dont la maturation peut prendre des années. D’autre part, le patron doit estimer la valeur financière de son entreprise. Une fois ces étapes franchies, l’entrepreneur doit réfléchir au mode de transmission de sa société. Vaut-il mieux la transmettre à ses enfants, à des cadres ou à un repreneur extérieur? Souvent le patron banalise cette passation des pouvoirs. Il se montre en général trop optimiste. Il est sûr qu’il va trouver rapidement quelqu’un. Ce qui ne s’avère pas toujours le cas.»

* Réflexions pour cadres et chefs d’entreprise. Infos: b.briguet@sko.ch

Laurent Buschini